Le métier de maître couvreur
est plus complexe qu'il n'apparaît. Ce n'est pas pour rien que 40 % des réclamations en
construction portant sur l'architecture des bâtiments a trait à la toiture.

Dans l'ordre habituel, on reconnaît
Marc Nadeau, vice-président, et
Bertrand Gallant, chargé de projets.
Deux éléments clés de l'entreprise pour qui la formation continue demeure une
priorité.
"Dans le passé, le couvreur passait pour le parent pauvre de la construction. Mais
quand il y a eu des désastres, on a pris conscience de l'importance de notre
travail", analyse Richard Nadeau. Celui-ci insiste sur limagination dont doit
faire preuve un spécialiste pour réussir dans ce métier complexe. "Il y a toujours
des détails et chaque chantier est particulier. Le nombre détages du
bâtiment,
les couloirs de vent modifient l'approche du maître couvreur. Ce n'est pas pour rien que
les architectes nous consultent de plus en plus quand ils élaborent leurs plans."
La
performance des toitures s'est accrue depuis onze ans, relève-t-il encore, un facteur
essentiel qui incite Couverture Montréal Nord à recourir à de nouveaux
produits. C'est
en ayant des antennes bien déployées à l'Association des maîtres couvreurs du Québec
(AMCQ) que lentreprise de Saint-Léonard prend connaissance rapidement des
nouveautés qui font leur apparition un peu partout à travers le monde.
L'usage des nouvelles techniques, comme labandon du recours systématique à la
colle pour lier toutes les composantes des membranes afin de diminuer le stress subi par
la toiture ou l'introduction de systèmes de membranes en PVC et de sous-produits dans
lesquels se retrouvent plus ou moins de plastique a fait son nid rapidement dans
l'entreprise de la famille Nadeau.
Évidemment,
ces changements ne sont pas sans nécessiter une formation préalable des employés de
l'entrepreneur. La manipulation de produits dangereux ou chauds exige aussi que les
nouveaux venus bénéficient d'une formation pertinente. Ce n'est pas sans raison que la
CSST juge le métier de couvreur comme le plus dangereux parmi les emplois de lindustrie de la construction. |
|
Couverture Montréal
Nord sen remet aux fabricants de membranes et à l'AMCQ pour répondre à de
tels besoins. Autant les jeunes qui doivent compter sur une formation de base que les
travailleurs d'expérience qui ont à parfaire leurs connaissances ou à apprendre de
nouvelles techniques, sont rejoints par ses programmes.
Annuellement, les fabricants viennent donner des cours pratiques sur les techniques
dinstallation de leur produit. De plus, l'organisme provincial offre également
chaque année des cours de perfectionnement du métier de couvreur et Couverture Montréal
Nord y inscrit un certain nombre de ses employés.
"Ces
activités de formation peuvent se faire en entreprise même le samedi; nous jumelons
alors une activité sociale à ce programme."
En 1994, 25
employés ont bénéficié d'une formation sur les membranes en élastomère. Ce stage
s'est étendu sur deux jours. Cette année, une dizaine d'entre eux ont passé une
journée sur les membranes monoplis.

L'estimateur Réal Jalbert croit
également aux vertus de la formation continue des employés et ce, depuis
25 ans.
L'importance
accordée à la formation et la sensibilisation à la sécurité sur les chantiers de
même quà la ferblanterie permettent à Couverture Montréal Nord d'afficher un
excellent dossier auprès de la CSST.
Même si, au
fil des années qui ont vu la PME expérimenter des techniques de travail autres que les
traditionnels systèmes multicouches (que ce soit la pose de membranes monocouches
caoutchoutées ou thermoplastiques en passant par les techniques européennes bi-couches),
les modes industrielles ont changé, le couvreur n'a jamais cessé de réaliser des toits
en cuivre ou en ardoise.
"On
essaie de préserver ces acquis même si on y fait moins souvent référence. Nous avons
conservé des modèles de ces techniques qui pourraient éventuellement servir pour la
restauration de bâtiments historiques."  |