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L'entreprise réalise un peu plus de la moitié de son chiffre
d'affaires en appels d'offres publics, le reste en contrats privés et sur
invitation. Sa priorité porte sur la satisfaction du client.
Pour cela, il faut être
proche de celui-ci et disponible. Voilà une bonne raison, dit Richard Nadeau, pour
ne pas étendre les activités sur un territoire trop vaste : «Quand nous acceptons un
mandat à l'extérieur de grand Montréal, c'est en général pour répondre à la demande
d'un client de longue date. Il n'est pas question pour l'instant d'expansion ou
d'ouverture de bureaux ailleurs. Il nous a fallu des années pour monter des
équipes de travail compétentes et performantes, ce serait dommage de briser une telle
chimie. Et, je le répète, nous voulons rester une entreprise proche de nos
clients.»
En outre, le métier de
couvreur dépend de la température. S'il pleut, le travail est remis au lendemain,
quand ce n'est pas la semaine suivante. Raison de plus pour ne pas expédier
d'équipes trop loin de chez elles : «Vous remarquerez que même les techniques de
construction des bâtiments dépendent du type de climat. Les pontages de béton
avec membranes étanches sont très courantes en Europe, entre autres parce que les
ouvriers là-bas disposent de plus de jours de beau temps que nous.
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Au Québec,
nous n'avons parfois qu'une journée pour couvrir de très grandes surfaces.»
Même si le Québec utilise
les meilleurs produits de l'heure par rapport à son climat, cela n'empêche pas
Couverture Montréal Nord d'être à l'affût de nouvelles techniques et de nouveaux
produits.
«Nous sommes en contact
permanent avec les gens de l'industrie au Canada et aux État-Unis, signale Richard
Nadeau. Également, en mai dernier, un grand fabricant européen accueillait un
groupe d'une quinzaine d'entreprises québécoises de couvreurs, dont la nôtre.
Cette visite était menée par l'Association des maîtres couvreurs du Québec. La
compétition locale ne nous empêche pas de chercher à améliorer l'industrie dans son
ensemble. Nous en profitons aussi pour comparer les codes et les lois de la
construction. En France, par exemple, l'étancheur a l'obligation légale de
garantir ses travaux dix ans, le double de la garantie d'ici. Les foires et les
salons internationaux sont également l'occasion de connaître les résultats des
dernières recherches.»
C'est ainsi que le bon vieux
toit traditionnel d'asphalte et de gravier est en train de disparaître graduellement au
profit de l'élastomère, un matériaux bitumineux bien adapté aux extrêmes climatiques
en plus d'être esthétique : |
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«Tout ce qui est asphalte et bitume a
encore sa place sur nos toits, surtout depuis qu'on leur a joint des polymères qui en
améliorent l'élasticité et la résistance. L'industrie contribue aussi à
l'environnement en recyclant un certain nombre de pneus dans les procédés bitumineux.»
La croissance de Couverture
Montréal Nord pourra-t-elle se maintenir au rythme actuel ? «C'est ce que nous
souhaitons, et nous faisons le maximum pour assurer la pérennité de l'entreprise et
créer des emplois stables, répond le président. D'ailleurs, plusieurs couvreurs
sont avec nous depuis plus de 20 ans. Ils ont développé un incroyable sixième
sens pour découvrir les fuites ou des imperfections que d'autres ne trouveraient
pas. Nous leur devons d'ailleurs une bonne partie de notre réputation.»
Cela dit, Richard Nadeau
estime que son entreprise manque de main-d'oeuvre compétente pour aller au -delà d'une
certaine limite de croissance : «Nous avons les meilleurs ouvriers de Montréal et nous
ne recherchons que les meilleurs. Mais le métier de couvreur est un peu aléatoire,
puisqu'il dépend de la température. Il faudrait pouvoir former d'autres couvreurs
qualifiés, mais combien de jours de travail pouvons-nous leur garantir par année?
C'est en partie ce qui explique pourquoi plusieurs travailleurs de la construction se tournent vers d'autres métiers.»
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